5.1. Développer : Gestion des documents, affaires et archivage
INTRODUCTION
Proposition visuelle avec contextualisation de la directive et ses annexes

Principes de base :
- Raisonner en affaires (processus) — pas en documents isolés.
- Raisonner en cycle de vie des documents — dès la création, jusqu’à la destruction.
- Les métadonnées deviennent centrales — pour le traitement, le tri, l’archivage.
Processus à appliquer systématiquement :
- Entrée : documents numérisés, métadonnées saisies, titres clairs.
- Traitement : gestion des processus (dont séances et décisions), complétion des métadonnées.
- Clôture : nettoyage, vérification, saisie de la date de clôture et vérification de la valeur archivistique.
- Archivage intermédiaire : conservation dans la GED → selon délai.
- Destruction ou archivage : expiration du délai → versement ou destruction (procès-verbal).
Contexte légal :
La loi sur l’administration numérique (LAN) impose la primauté du numérique, spécialement pour le traitement des affaires.
Les obligations en matière d’archivage (LArch, OArch) et de protection des données (LCPD) s’appliquent pleinement au format numérique et imposent les fonctionnalités et processus inhérents aux métadonnées.
Nota bene : les assertions ci-dessus sont détaillées dans les sections déroulantes en fin de page. Bien que même ces sections restent extrêmement brèves, elles redirigent en partie vers les sources pertinentes.
TÂCHES COMMUNALES
Trois étapes fondamentales — pour garantir conformité, efficacité et durabilité
- Dispositions organisationnelles : adopter une directive en la matière (fin 2026)
Elle définit les rôles, processus, délais et contrôles et reste volontairement générale.
Les annexes en constituent les références de travail au quotidien, à adapter localement et au fil du temps.
- Dispositions techniques : sélectionner ou configurer un système GED (mi 2027)
Évaluer les solutions disponibles : sur la base du cahier des charges fonctionnel proposé (la GED doit gérer les métadonnées, les droits d’accès, le cycle de vie, et assurer l’interopérabilité et la sécurité)
Choisir la solution qui répond aux besoins.
- Mise en place du système et adoption (fin 2029)
Migrer les données vers le nouveau système.
Former tous les collaborateurs : sans accompagnement humain, même le meilleur outil reste inutilisé.
Lancer le contrôle de qualité annuel.
Cet ordre est fidèle à la feuille de route et aux principes de souveraineté numérique communale, en définissant d'abord les dispositions organisationnelles, puis de sélectionner une solution technique adaptée, plutôt que l’inverse.
1. Dispositions organisationnelles — cadre de fonctionnement
► Directive pour la gestion électronique des documents, affaires et archivage
Socle stratégique, elle structure la gestion de ces dimensions en définissant :
- Objectifs : traçabilité, transparence, sécurité, conformité.
- Principes : primauté du dossier électronique, cycle de vie, métadonnées, droits d’accès.
- Rôles : collaborateur, chef de service, responsable GED, super-utilisateur.
- Processus : entrée → traitement → clôture → archivage/destruction.
- Contrôle : annuel, avec check-list, rapport, amélioration continue.
Annexes : outils de référence au quotidien
► Rôles et droits d’accès (matrice)
► Consignes d’enregistrement (titres, métadonnées, numérisation)
► Liste négative (documents à ne pas enregistrer)
► Liste des types d’affaires
► Liste des délais de conservation
► Consignes de clôture du dossier (nettoyage, vérification)
► Instructions de versement dans les archives définitives (format, confirmation)
► Instructions d'effacement irréversible
► Contrôle de qualité (check-list annuelle)
2. Dispositions techniques— caractéristiques attendues du système
► Cahier des charges fonctionnel — guide technique pour le système GED
Il définit les exigences en termes de fonctionnalités que doit ou peutcouvrir un système de gestion des documents et autres solutions connexes.
Bien que les fonctions peuvent être étendues, voici l’essentiel pour répondre aux obligations légales.
Fonctionnalités obligatoires :
Gestion des métadonnées : champs obligatoires (type d’affaire, auteur, clôture, délai de conservation, valeur archivistique).
Gestion des droits et des accès : multiples et flexibles (par groupe d’utilisateurs)
Interopérabilité : échange de métadonnées avec les applications métiers (via interface standardisée) et export dans un système d’archivage à long terme
Ce qui n’est pas conforme :
Dépendre des applications métiers (Finances, Contrôle des habitants) comme système central.
→ Tous les documents à valeur juridique ou archivistique passent par la GED — pour la traçabilité, la sécurité, l’interopérabilité.
Utiliser des explorateurs fichiers ou des disques durs externes comme système d’archivage.
→ L’archivage électronique permanent est un système dédié, non modifiable, au format pérenne.
Oublier les métadonnées — sans elles, pas de recherche, pas de tri, pas d’archivage.
► Liste des champs de métadonnées pertinents
Les métadonnées permettent la recherche, le tri, de manière manuelle ou automatique. Ces fonctions sont essentielles à la gestion des tâches, des processus, de l’import/export de données, de la destruction et de l’archivage.
Contexte & Explications — compréhension des fondements
♦ Hier : les plans de classement = pour retrouver des classeurs dans des armoires.
♦ Aujourd’hui : les métadonnées = pour retrouver des dossiers, les trier, les exporter, les archiver (en quelques clics)
La multiplication des données dans différentes applications métiers et mêmes d'applications conjointes, représente un défi majeur pour assurer la traçabilité et la sécurité, requises par les obligations légales.
La centralisation des données (documents) au sein d'un système unique avec des métadonnées standardisées, permet :
- une gestion efficace semi-automatisée (traitement groupé, imports et exports, etc.)
- la traçabilité requise (versions, accès, etc.)
- l'interopérabilité : avec les applications conjointes et les systèmes d'archivage
Loi sur l’administration numérique (LAN) / Ordonnance (OAN)
- Primauté du numérique → particulièrement dans traitement des affaires, donc la gestion des documents, des affaires et de l'archivage
- Peu de précisions
Loi sur l’archivage (LArch) / Ordonnance (ODArch Communes)
- Gestion des versions.
- Tenue et clôture des dossiers (préarchivage).
- Destruction après délai de conservation.
- Archivage à long terme dans un système dédié, répondant à des prescriptions.
Loi sur la protection des données (LCPD) / Ordonnance (OPD)
- Collecter uniquement les données strictement nécessaires.
- Accès restreint pour les données personnelles.
- Destruction après délai.
ll n’y a pas de définition unique — les termes sont souvent utilisés de manière floue, voire interchangeables.
Mais en pratique, ils désignent deux facettes complémentaires d’un même processus :
GED (Gestion Électronique des Documents) :
- Gère les documents individuels : numérisation, enregistrement, classement, métadonnées.
- C’est la base technique — sans elle, pas de recherche, pas de traçabilité, pas de gestion
GEVER (Gestion Électronique des Affaires)
- Gère les dossiers complets : processus, décisions, séances, tâches, suivi.
- Elle repose sur la GED — mais ajoute la dimension processus et décisionnelle.
Bien qu'il s'agisse de deux concepts singuliers, ils se matérialisent bien souvent par différentes solutions technologiques (TIC) intégrées, pour assurer une palette de fonctionnalités variables. À l'inverse, certaines solutions TIC peuvent couvrir des fonctionnalités qui appartiennent à la gestion des documents et à la gestion des affaires.
Pourquoi sont-ils interdépendants, avec l'archivage aussi ?
- Ils reposent en partie sur les mêmes fonctionnalités
- La GED alimente la GEVER (ajout de documents au fil de l’affaire)
- La GEVER nourrit la GED (complétion des métadonnées, avancement du cycle de vie).
- Ils assurent le pré-archivage (classement, métadonnées, délais), indispensable à l'archivage définitîf
Ensemble, ils forment le socle du traitement des affaires
Ce que c’est :
- Conserver l’information électronique à long terme, sans possibilité de modification.
- Dans des formats indépendants des technologies évolutives.
- Avec un système dédié — non modifiable, sécurisé, pérenne.
Ce que ce n’est pas :
- Un dossier dans un système GED durant le délai de conservation
- Un disque dur externe
- Une sauvegarde
Prescriptions pour de l'archivage définitif
- CECO : Exigences de base pour les archives cantonales et des villes
- eCH : Exigences de base pour les archives numériques
- ISO 14721 (OAIS) : modèle de référence en matière d’archivage électronique.
- Guides CCB et OACOT : adaptés aux communes, mais en partie dépassé par les évolutions récentes
Stratégie retenue pour la conformité aux LCPD, LArch et LAN (notamment respect des délais) :
1) Centraliser tout dans une GED conforme
→ Pour garantir traçabilité, sécurité et pré-archivage conforme, en s’appuyant sur les dispositions des guides CCB et OACOT.
- Développement des dispositions organisationnelles (rôles, processus, contrôles).
- Recherche de solutions techniques évolutives, adaptées aux exigences légales et aux futurs besoins.
2) Assurer l’interopérabilité
→ Structurer les métadonnées et les formats pour permettre l'interopérabilité. Notamment pour :
- un versement fluide vers le futur système d’archivage cantonal
- des imports/exports fluides vers les applications conjointes.
Pourquoi cette stratégie ?
La LAN impose un changement de paradigme : fini l’hybride papier/électronique — le numérique est désormais la règle.
Les guides CCB et OACOT, bien qu’élaborés avant la LAN et la proposition de solution d’archivage par le Staatsarchiv, restent pertinents pour les fondamentaux du pré-archivage électronique.
Le système d’archivage cantonal est en cours de mise en œuvre. Ses modalités exactes restent à préciser, mais la préparation commence dès aujourd’hui.
Guides et outils
Guide “La voie vers l’archivage électronique” — Cadres des communes bernoises (CCB)
Guide sur les archives communales — Office des affaires communales et de l’organisation du territoire (OACOT)
Normes et standards
Exigences de base pour les archives numériques à long terme - Centre de coordination pour l'archivage à long terme de documents électroniques
ISO 14721 (OAIS)— Modèle de référence en matière d’archivage électronique
Normes eCH sur l'archivage électronique : les normes eCH, bien que pertinentes pour les développeurs de solutions afin d’assurer l’interopérabilité à terme, ne sont pas directement utiles aux communes et reposent principalement sur les normes ISO.
Généralement, on utilise un texte en faux latin (le texte ne veut rien dire, il a été modifié), le Lorem ipsum ou Lipsum, qui permet donc de faire office de texte d’attente.
Dispositions organisationnelles :
► Directive pour la gestion électronique des documents, affaires et archivage
Annexes :
► Rôles et droits d’accès (matrice)
► Consignes d’enregistrement
► Liste négative
► Liste des types d’affaires
► Liste des délais de conservation
► Consignes de clôture du dossier
► Instructions de versement dans les archives définitives
► Instructions d'effacement irréversible
► Contrôle de qualité (check-list)
Dispositions techniques :
► Cahier des charges fonctionnel — guide technique pour le système GED
► Liste des champs de métadonnées pertinents



