3. Sécuriser : pour renforcer la résilience
Objectif
Prévenir les incidents et assurer la continuité des services communaux en cas d’incident.
Valeur pour la commune
- Réduction forte du risque opérationnel
- Confiance de l’exécutif et des citoyens
- Moins de dépendance passive aux prestataires
Introduction
La sécurité numérique n’est pas uniquement une question technique. Pour une commune, elle repose avant tout sur une organisation claire, des règles compréhensibles et des réflexes partagés.
Cette phase s’articule autour des trois dimensions d’action ci-dessous. Elles se recoupent volontairement : la sécurité est transversale et touche l’ensemble de l’administration.
Le choix a été fait, pour les communes du Grand Chasseral, de ne pas créer de nouveaux guides, mais de relayer et structurer les recommandations existantes les plus pertinentes, adaptées aux réalités de nos communes.
Responsabilités
À priori, il est de la responsabilité du référant numérique de s’assurer de la mise en place conforme des recommandations, notamment d’un programme de formation et sensibilisation du personnel. Ces responsabilités doivent être définies au sein de la note interne de pilotage de l’administration numérique.
La protection des données concerne toutes les activités communales : les relations internes, avec la population et avec les prestataires.
En ce sens, cette section ne proposer pas un modèle ou un processus spécifique, mais évoque les aspects essentiels à considérer dans chaque dimension du numérique, en renvoyant aux étapes les plus pertinentes.
Les communes bernoises sont soumises à la Loi cantonale sur la protection des données (LCPD, RSB 152.04) et à son Ordonnance (OPD, RSB 152.040.1).
Dans le cadre de la coordination en termes d’administrations numériques, l’accent quant à la sécurité est volontairement mis sur des actes simples et concrets (bonnes pratiques au quotidien), compris dans les deux prochaines sections. Du moins jusqu’à nouvel avis, les thématiques du règlement communal sur la protection des données ou du registre central des données ne sont pas prioritaires dans le cadre de ce projet, étant déjà réalisés normalement.
Obligations principales et bonnes pratiques communales
- Autorité de surveillance locale : chaque commune désigne un préposé ou un délégué à la protection des données. En complément aux au règlement communal en question, la note interne de pilotage de l'administration numérique peut être complétée avec sa mention explicite si souhaité (caduc dès 1er septembre 2026 : entrée en vigueur nouvelle LCPD avec autorité cantonale compétente)
- Registre des traitements : recenser toutes les activités impliquant des données personnelles. L'inventaire communal des systèmes et des données peut servir de base au registre.
- Sous-traitance : les contrats avec des prestataires externes doivent garantir la conformité à la LCPD et des sauvegardes régulières. La phase 4 de la feuille de route "maîtriser", qui vise à gérer les contrats et les dépendances, prévoit explicitement cette conformité.
- Sécurité technique : contrôler les accès, chiffrer les données sensibles, assurer la destruction sécurisée des données obsolètes, etc. Ces critères sont indipsensables à chaque transaction numérique et se concrétisent par leur prise en compte dans les processus organisationnnels et fonctionnalités des solutions numériques propres et externalisées.
- Transparence : informer le public sur les finalités des traitements (via site web, règlements, communications officielles, etc.).
Pistes de développement
1) Des modèles de documents liés à la protection des données
À l’image de l’association des communes fribourgeoises, qui a collaboré avec l’autorité cantonale compétente pour développer, sur la base des lois en vigueur, uneboîte à outils contenant des modèles de documents pratiques pour les communes, l’association des communes bernoises pourrait envisager une solution similaire, adaptée au cadre légal bernois, une fois les ordonnances mises à jour (en-cours, voir nota bene ci-dessous).
Cette boîte à outils pourrait notamment inclure les modèles suivants :
- Accord de confidentialité avec le personnel communal
- Déclaration de protection des données pour le site Internet
- Formulaire d'opposition
Nota bene
Actuellement, après l’adoption par le Grand Conseil du nouveau droit cantonal sur la protection des données (LCPD), et la nouvelle loi sur la sécurité de l’information et la cybersécurité (LSIC), en 2024 et 2025, les projets de révision d’ordonnances suivants sont en cours :
- ordonnance sur la protection des données (OPD)
- ordonnance sur la sécurité et l’information des données (OSID)
Les présentes recommandations et modèles seront adaptés selon l’entrée en vigueur des dispositions spécifiques bernoises à venir.
Surtout, avec l'entrée en vigueur à l'automne 2026 de la LCPD révisée, un bureau cantonal de la protection des données devrait être constitué dès 2027, ce qui permettra de développer les éléments ci-dessus.
La majorité des incidents numériques sont liés à des erreurs humaines. La formation constitue donc l’un des leviers les plus efficaces en matière de prévention. Par ailleurs, toute directive qui n’est pas accompagnée d’une mise en œuvre concrète reste largement inefficace, alors que des actions de formation, même en l’absence de directives formelles, produisent des effets significatifs.
Voici les principales sources de formations en ligne que nous recommandons. Elles sont disponibles gratuitement sur la plateforme « Formation en ligne sur la cybersécurité et la sécurité de l'information pour les villes et les communes »
Formations recommandées
Cette liste volontairement succincte regroupe les formations essentielles par souci de priorisation. Elle est toutefois appelée à s’étoffer en fonction des besoins effectifs:
► Mot de passe :Sécurité des mots de passe
► Courrier électronique : Sécurité du courrier électronique
► Phishing, Fake News : Cours sur les phishings et fake news
► Protection des données : Cours sur la protection des données
3 conseils pour les formations
1) Formation courte, répétée, non technique
Recommandation alignée avec le concept de « sensiblisation régulière » de l’OFCS:
- 15–30 minutes, 1× par an minimum
- formats possibles : formation en ligne, séance d’équipe, capsule vidéo, fiche A4 imprimée.
2) Règles simples et visibles
Rendre accessible et visible au quotidien l’essentiel. Voici un exemple lié à la sécurité des échanges de courriels
- 3 règles d’or:
- Ne jamais cliquer dans l’urgence
- Vérifier l’expéditeur
- En cas de doute → signaler, pas corriger seul
3) Droit à l’erreur
« Un incident signalé à temps n’est pas une faute. »
À expliciter durant les formations et au quotidien. Toute le monde à le droit à l’erreur. Il faut en parler et l’accepter.
Introduction
L’Office Fédéral de la CyberSécurité (OFCS) a développé un guide et des modèles spécialement pour les communes, y compris de taille modeste. Bien que la police bernoise et l’association des communes bernoises aient aussi publié un guide, celui de l'OFCS est le plus complet et accessible. La seule réserve quant à celui de l’OFCS concerne la phase 1 de préparation, qui consiste à inventorier les données et les systèmes. Cette étape peut simplement être ignorée, comme dans notre contexte, cette tâche est déjà intégrée dans l'étape 2 de la feuille de route au vu de son utilité interdisciplinaire. Dès lors, les communes peuvent simplement reprendre les 3 modèles de documents proposés liés aux phases 2 à 4, en les adaptant à leurs réalités locales.
Un aperçu visuel du guide de l'OFCS peut être retrouvé sur leur page internet dédiée : Le concept d’urgence comme clé de la cyberrésilience. Au même titre d'une vidéo explicative.
Les outils pour les communes
► Feuille d’urgence (1 page)
Quand ? le jour de l'incident.
Quoi ? définit les contacts d’urgence, permet d'évaluer l'incident et éventuellement prendre des mesures d'urgence.
► Plan de crise informatique (15 pages)
Quand ? les jours ou semaines qui suivent l'incident.
Quoi ? définit le processus et les responsabilités à suivre, ainsi que les obligations d’annonce (OFCS/NCSC). Selon le niveau d’externalisation, le prestataire doit s'en occuper.
► Rapport de débriefing (5 pages)
Quand ? une fois le plan de crise clôturé.
Quoi ? servent de modèle pour le suivi après l'incident afin d’améliorer la feuille d’urgence et le plan de crise.
En résumé
Sécuriser, ce n’est pas viser le risque zéro. C’est être prêt, savoir qui fait quoi, et disposer de réflexes simples pour continuer à servir la population, même en situation de crise.
Formations recommandées
► Sécurité du courrier électronique
► Cours sur les phishings et fake news
► Cours sur la protection des données
Les outils pour les communes
► Plan de crise informatique (15 pages)



